Nous demandons des comptes. Voici les nôtres.

Chez Made with You, la transparence commence par l'exemple. Cette page expose comment nous analysons la communication ESG des organisations : la méthode, ses fondements scientifiques, et ce que notre approche ne sait pas faire.

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Pourquoi la transparence ESG est devenue indispensable

L'ESG (environnement, social, gouvernance) est le langage par lequel on évalue aujourd'hui l'impact d'une organisation au-delà de ses seuls résultats financiers : ce qu'elle consomme et rejette, comment elle traite les personnes, comment elle se gouverne. Ce langage est devenu un enjeu de réputation. Et c'est précisément pour cela qu'il est massivement instrumentalisé.

La communication ESG des organisations fait aujourd'hui face à un triple défi. Ces trois pressions ne sont pas distinctes : elles convergent vers un même besoin.

Défi 01

La confiance

Le greenwashing a saturé l'espace public. Promesses floues, storytelling marketing, objectifs sans échéance ni preuve : le citoyen n'a aucun moyen simple de distinguer la substance de l'habillage.

Défi 02

La performance

L'opacité dissimule des risques réels : ruptures de chaîne d'approvisionnement, passifs environnementaux, dépendances cachées. Ce qui n'est pas dit ne peut être anticipé, ni par les clients, ni par les partenaires.

Défi 03

La responsabilité

L'exigence éthique citoyenne s'est durcie. Acheter, investir, candidater : chaque décision suppose désormais de pouvoir vérifier ce qu'une organisation affirme être.

Nous avons besoin de transparence ESG pour passer d'une culture de la promesse à une culture de la preuve.
La conviction qui fonde Made with You

C'est quoi, la transparence ESG ?

C'est le fait, pour une organisation, de rendre publiques des informations claires, vérifiables et mesurables sur son impact réel sur la planète et la société.

La transparence ne se résume donc pas à communiquer: une organisation peut beaucoup parler tout en restant opaque. Elle suppose que l'information publiée soit lisible pour un tiers, recoupable avec des faits, et exprimée en grandeurs comparables d'une année et d'une organisation à l'autre.

Une précision s'impose, car elle gouverne tout notre travail. La transparence porte sur l'impact réel, mais nous, nous en mesurons la lisibilité. Une organisation peut avoir un impact excellent et le communiquer mal ; une autre, un impact médiocre habillé d'un discours brillant. Made with You n'audite pas le terrain. Nous évaluons à quel point une organisation rend son impact déchiffrable : la qualité de la preuve offerte au lecteur, pas la performance elle-même.

Cinq critères, ancrés dans la recherche

Chacun de nos critères découle de travaux académiques sur la communication d'entreprise, le greenwashing et le reporting de durabilité.

La transparence d'une démarche ESG est une dimension qualitative: son évaluation est, par définition, partiellement subjective. Nous l'assumons. La réponse rigoureuse à cette subjectivité n'est pas de la nier, mais de l'encadrer : une analyse multicritères, des poids explicités, et des critères dont chacun s'appuie sur une littérature revue par les pairs.

1

Discours

Comment l'organisation parle-t-elle de sa démarche ESG ?
25 pts

Ici, on juge la qualité rhétorique, pas les preuves ni les données. Concernant le vocabulaire utilisé dans la présentation de la démarche, la recherche montre que les organisations qui manquent de transparence privilégient des termes vagues tels que « durable », « vert » ou encore « responsable »[1]. Cette démarche marketing s'inscrit dans une volonté de s'aligner sur les attentes de la société sans pour autant mettre des actions concrètes en place[2]. À l'inverse, l'utilisation d'un lexique précis, technique et contextualisé traduit une approche ancrée dans des actions et engagements concrets[1,2].

Le ton utilisé dans le texte joue également un rôle. Selon la littérature scientifique, un ton sobre, factuel et mesuré est le meilleur indicateur de la neutralité de l'information[3]. A contrario, l'emploi d'un ton triomphaliste et excessivement promotionnel masque l'absence d'un impact réel et vise à manipuler l'image de l'organisation[3,4].

Enfin, admettre publiquement des difficultés structurelles, des contradictions de modèle ou des échecs représente un risque réputationnel agissant comme une preuve d'authenticité et de crédibilité[5,6]. L'absence totale de mention des limites ou l'utilisation de formules creuses (« nous nous améliorons en continu ») pointe vers un pseudo-engagement[6].

2

Cohérence

L'organisation traite-t-elle les bons sujets au regard de son vrai modèle ?
25 pts

Une analyse rigoureuse impose d'isoler en amont les impacts prioritaires de son cœur de métier (volumes, logistique, déchets, etc.) pour vérifier si l'organisation traite en profondeur ce qui compte vraiment. Afin de faire diversion, de nombreuses organisations ont tendance à publier de grands volumes d'informations sur des sujets consensuels, faciles à traiter et secondaires[7,8].

Ensuite, une organisation peut prétendre adopter des chartes de valeurs vertueuses alors qu'elle maintient des processus de production ou des objectifs de rentabilité qui entrent en contradiction directe avec les chartes. L'absence d'une telle contradiction est une preuve de la cohérence entre les valeurs affichées et le business model[9].

3

Transparence opérationnelle

L'organisation donne-t-elle accès aux éléments concrets de son activité ?
20 pts

Nommer et localiser précisément ses sites et installations permet un contrôle externe et démontre que l'organisation n'essaie pas de dissimuler des externalités négatives locales. Tandis que l'anonymisation ou l'imprécision autour des sites de production et des implantations physiques crée des doutes autour de ce qui se cache derrière ce manque de transparence[10].

À côté de cette visibilité concernant les sites et installations de l'organisation, l'accès à tous les acteurs (fournisseurs et partenaires) de la chaîne de valeur est fondamental pour évaluer la démarche ESG de ces acteurs également. L'emploi de mentions génériques (« nos partenaires certifiés ») sert une façade derrière laquelle se cache une volonté de diluer la responsabilité face aux risques sociaux ou environnementaux de la chaîne de valeur[11].

Pour être scientifiquement crédible, une organisation doit décrire concrètement ses types de flux du début à la fin de la chaîne de valeur, à savoir les flux physiques, monétaires et d'information. Remplacer cette description détaillée par des affirmations dénuées de consistance empêche toute évaluation sérieuse de la durabilité de l'activité[12].

4

Rigueur des données

Quand des chiffres ou certifications sont publiés, sont-ils documentés ?
20 pts

Fournir des données, notamment chiffrées, n'a pas de valeur scientifique si elles ne sont pas correctement documentées. Cette documentation renseigne le périmètre et l'année de collecte des données ainsi que la méthodologie appliquée lors de cette récolte. À cela s'ajoute la nécessité de se baser sur des référentiels reconnus et que la totalité de ces étapes soit contrôlée par une entité certifiée[13].

Au niveau international, plusieurs directives, organismes et autres (GRI, GHG Protocol, CSRD) établissent un cadre de reporting sur les dimensions ESG. L'application (parfois obligatoire) de ces exigences permet aux organisations de prouver la crédibilité de leur démarche. L'intervention d'un tiers indépendant, renseigné explicitement par l'organisation, dans la réalisation de l'analyse ou pour une validation a posteriori, renforce cette crédibilité. En ce qui concerne les plus petites organisations, suivre ces normes est souvent trop lourd. D'autres actions comme la publication de diagnostics ou l'avis de parties prenantes peuvent remplir ce rôle de fiabilité des informations[14,15].

5

Trajectoire

La mécanique des engagements futurs est-elle structurée ?
10 pts

Afin de créer une mobilisation plus importante au sein de l'organisation, la définition d'objectifs spécifiques et temporellement définis, c'est-à-dire avec un objectif chiffré et une date à laquelle cet objectif doit être atteint, est déterminante. La mise en place d'un calendrier précis avec des projets concrets renforce cet appel à l'action[16].

En complément, la planification de jalons intermédiaires ou d'un planning clair des projets permet d'obtenir une feuille de route transparente à court terme. Et ce contrairement aux objectifs à très long terme traditionnellement fixés par les organisations pour un résultat immédiat sur leur image, mais sans tenir compte des efforts à fournir pour les atteindre[17].

La transparence n'est pas un aspect défini uniquement à un instant précis. C'est un processus dynamique. Afin de prouver une démarche ESG durable, tout au long de la réalisation des objectifs fixés, l'organisation se doit d'être honnête lorsqu'il y a un écart entre ces objectifs et la progression réelle, qu'il s'agisse d'échecs, de retard ou du changement d'un axe stratégique[18].

Pourquoi ces poids ?

Nous accordons 50 % de la note à la posturede l'organisation (Discours et Cohérence) : si la manière de s'exprimer et la priorisation des sujets ne tiennent pas, il est peu probable que le reste suive, d'où les poids les plus élevés, et égaux, car rhétorique et priorisation comptent autant l'une que l'autre. Les 50 % restants évaluent le concret(Opérations, Données, Trajectoire). Des actions déjà en place valent plus que des objectifs aux résultats non garantis : la Trajectoire pèse donc moins. Opérations et Données reçoivent un poids égal, car des chiffres sans méthode pour les obtenir n'ont que peu de valeur.

Voir les 18 références académiques
[1] Laufer, W. S. (2003). Social accountability and greenwashing. Journal of Business Ethics, 43(3), 253-261.
[2] Conaway, R. N., & Wardrope, W. J. (2010). Do their words really matter? Journal of Business Communication, 47(3), 222-238.
[3] Hooghiemstra, R. (2000). Corporate communication and impression management. Journal of Business Ethics, 27(1/2), 55-68.
[4] Ashforth, B. E., & Gibbs, B. W. (1990). The double-edge of organizational legitimation. Organization Science, 1(2), 177-194.
[5] Lyon, T. P., & Maxwell, J. W. (2011). Greenwash: Corporate environmental disclosure under threat of audit. Journal of Economics & Management Strategy, 20(1), 3-41.
[6] Wagner, T., Lutz, R. J., & Weitz, B. A. (2009). Corporate social responsibility: Brand effects of perceived hypocrisy. Journal of Marketing, 73(6), 77-91.
[7] Eccles, R. G., Krzus, M. P., & Serafeim, G. (2011). Market interest in nonfinancial information. Journal of Applied Corporate Finance, 23(4), 113-127.
[8] Boiral, O. (2013). Sustainability reports as simulacra? Accounting, Auditing & Accountability Journal, 26(7), 1036-1071.
[9] Meyer, J. W., & Rowan, B. (1977). Institutionalized organizations: Formal structure as myth and ceremony. American Journal of Sociology, 83(2), 340-363.
[10] Doorey, D. J. (2011). The transparent supply chain. Journal of Business Ethics, 103(4), 587-603.
[11] Barratt, M., & Oke, A. (2007). Antecedents of supply chain visibility. Journal of Operations Management, 25(6), 1217-1233.
[12] Erkman, S. (1997). Industrial ecology: An historical view. Journal of Cleaner Production, 5(1-2), 1-10.
[13] Wang, R. Y., & Strong, D. M. (1996). Beyond accuracy: What data quality means to data consumers. Journal of Management Information Systems, 12(4), 5-33.
[14] DiMaggio, P. J., & Powell, W. W. (1983). The iron cage revisited. American Sociological Review, 48(2), 147-160.
[15] Simnett, R., Vanstraelen, A., & Chua, W. F. (2009). Assurance on sustainability reports. The Accounting Review, 84(3), 937-967.
[16] Locke, E. A., & Latham, G. P. (2002). Building a practically useful theory of goal setting. American Psychologist, 57(9), 705-717.
[17] Akerlof, G. A. (1991). Procrastination and obedience. American Economic Review, 81(2), 1-19.
[18] Frink, D. D., & Klimoski, R. J. (1998). Toward a theory of accountability in organizations. Research in Personnel and Human Resources Management, 16, 1-51.

Comment Made with You met ces critères en pratique

Voici concrètement comment une analyse est produite, et où s'arrêtent les capacités de notre approche.

Étape 01

Collecte

Exploration du site public via les sitemaps. Extraction des pages pertinentes accessibles publiquement.

Étape 02

Sélection

Seuls les extraits les plus pertinents sont transmis au modèle. Aucune transmission massive de contenu inutile.

Étape 03

Analyse IA

Mistral (mistral-large-latest) note les 5 critères, en adaptant la sévérité à la taille de l'organisation.

Étape 04

Score et partage

Score pondéré sur 100, points de transparence, signaux d'alerte. Calculé une fois, partagé à tous.

L'analyse s'adapte à la taille de l'organisation.Le modèle a accumulé une connaissance large de différents types d'organisations, ce qui lui permet cette nuance : on ne pénalise pas une PME pour un manque de formalisme si sa démarche est cohérente et authentique ; les grands groupes, eux, sont jugés plus strictement sur les données et les méthodologies formelles.

L'IA n'est pas un humain. C'est un outil de concentration de connaissanceque nous traitons comme tel : un analyste synthétique capable de traiter, selon les critères que nous lui donnons, un volume d'informations qu'aucun humain ne pourrait lire dans le même temps.

Les limites de notre approche

Une page sur la transparence qui cacherait ses propres angles morts se contredirait. Voici ce que notre méthode ne sait pas faire.

Protection anti-bot

Certains sites bloquent l'accès automatisé. L'analyse repose alors uniquement sur la connaissance préexistante de Mistral, possiblement incomplète ou datée. Nous l'indiquons clairement dans les sources de l'analyse.

Biais des modèles

Comme tout modèle de langage, Mistral a des limites : il peut manquer de contexte sectoriel spécifique, mal interpréter un discours technique, ou refléter des biais présents dans ses données d'entraînement.

Contenu public seulement

Si une organisation fait du bon travail mais ne le communique pas sur son site, notre analyse ne le captera pas. C'est la limite assumée du modèle : transparence n'est pas performance.

Le périmètre exact
Ce que nous évaluons

La clarté de la communication

Le discours est-il substantiel ou marketing ? Cohérent avec le modèle économique ? Y a-t-il des preuves concrètes, ou des promesses vagues ? Notre analyse porte sur la transparence de ce qui est dit.

Ce que nous n'évaluons pas

La réalité du terrain

Pas d'audit opérationnel, pas de visite de sites, pas de vérification des chiffres dans les usines. Une bonne note indique une communication claire et cohérente, pas une garantie de perfection.

Notre intention n'est pas de classer les organisations du meilleur au pire. C'est d'aider à repérer rapidement les signaux : qui communique de manière substantielle, qui fait du marketing creux, où sont les incohérences. Une mauvaise note ne signifie pas forcément qu'une organisation fait mal, elle peut aussi communiquer mal, ou pas du tout. Nous voulons encourager la transparence, pas punir ceux qui font des efforts sans avoir les moyens de produire des rapports exhaustifs.

Nos choix techniques

Le choix de l'IA

Nous utilisons Mistral, audité par Carbone4, une référence en évaluation environnementale. Cette validation externe nous donne confiance dans l'impact carbone de l'outil.

L'hébergement

Toute notre infrastructure est hébergée chez Scaleway, en Europe, choisi pour son engagement concret sur la mesure et le reporting CO₂ et eau de ses datacenters.

Vos données

Pas de collecte, pas de revente. Notre modèle : être rémunérés pour la valeur du service, pas par la publicité, ce qui évite tout conflit d'intérêts.

Le score de transparence

La note finale, pondérée sur les 5 critères, s'exprime de 0 à 100 et se lit sur cinq paliers. Elle qualifie la clarté et la substance de la communication, rien de plus, rien de moins.

80–100Excellent
Communication substantielle, données vérifiables, engagements cohérents avec le modèle économique.
60–79Bon
Démarche claire et globalement cohérente ; quelques zones d'amélioration (preuves manquantes, périmètre flou).
40–59Moyen
Engagements affichés mais peu étayés ; mélange de contenu substantiel et de marketing.
20–39Faible
Communication majoritairement marketing, peu de preuves, incohérences avec l'activité.
0–19Critique
Absence de discours ESG, greenwashing avéré, ou informations publiques insuffisantes pour évaluer.

Une note basse n'est pas un verdict moral

Elle peut signaler une organisation qui fait mal, ou simplement une organisation qui communique mal, ou pas du tout. À l'inverse, une note haute n'est pas un label de perfection : elle atteste d'une communication claire, étayée et cohérente. Toujours la même règle : transparence n'est pas performance.

La suite

On ne peut pas demander plus de transparence aux autres sans être transparent soi-même.

Cette méthode n'est pas figée. Nous continuons de l'affiner, et chaque choix technique est guidé par son impact réel. Le critère le plus exigeant de notre modèle, la trajectoire, vaut aussi pour nous : se fixer des objectifs datés, rendre compte honnêtement de ce qui est tenu et de ce qui ne l'est pas. Nous travaillons à formuler ces engagements pour Made with You, et nous les publierons ici, sur cette page, plutôt que de les promettre avant de savoir les tenir.